Pour leur dernier titre Erwan Seguillon, a.k.a R.Wan, et son acolyte de toujours Fixi, s’envolent pour les faubourgs troubles d’un Bamako plongé dans une ébullition triste, pour y retrouver la voix puissante, touchante aussi, d’un Salif Keita qui fait grise mine. Oui, sur « Des Humains », car c’est là le nom du titre qui rassemble les trois musiciens, l’ambiance est loin des envolées joyeuses de « M’bifé », ou de la joie populeuse et populaire du rap musette des quais de Seine métis de l’ancien chanteur du groupe Java.

Faut dire qu’avec « Des Humains » R.Wan conte cette humanité qui s’effrite laissant la place à l’argent, le pessimisme et l’angoisse d’un monde de demain, le fameux monde d’après, qu’on ne sait plus trop comment aborder, tandis que Salif Keita, lui, vibre, et laisse sa voix, comme un prisme, capter les violences et les souffrances, celles du quotidien, comme celles indicibles de la guerre.

Oui l’époque est grave et R.Wan et Salif Keita, et même l’accordéon de Fixi, en ont pris la mesure, laissant les échos festifs des bals musettes de Nogent, et la rouge décadence punk de Soviet Suprem, au vestiaire… oui, peut être que R.Wan aurait aussi pu y laisser son look de ménestrel des temps modernes, ou d’entraîneur de boxe sur le retour… mais bon, chacun son goût !

Source: Djolo.net


Commentaire