On l’appelle la diva du Wassoulou, une région au sud du fleuve Niger. Mais Oumou Sangaré, C’est d’abord une voix chaude qui dit l’âme, un timbre ample qui célèbre la vie. Aujourd’hui; sa musique a dépassé les frontières du Mali. Et la chanteuse est devenue une ambassadrice de la cause des femmes, doublée d’une femme d’affaires avisée. Le chant pour la cause des femmes Aminata Diakité, sa mère, lui a appris à  chanter! Pour aider à  nourrir sa famille et un père absent. La petite Oumou se produit d’abord dans les baptêmes, les mariages et vend parfois de l’eau dans la rue. Lorsqu’ on vient de la région du Wassoulou, où sont célébrés les chants des chasseurs, il n’est pas nécessaire d’être un djéli ( griot), pour chanter. Oumou Sangaré ne déroge pas à  la règle car sa grand-mère était déjà  une interprète reconnue. Son talent se révèle lors d’une scène au stade Omnisports, devant près de 6000 spectateurs. Oumou qui a remporté la finale d’un concours organisé entre plusieurs écoles de Bamako, chante à  n’en plus finir. Repérée, elle intègre l’Ensemble du Mali, puis celui des percussions du Djoliba. Elle part ensuite en tournée pour la première fois, en 1986. De retour, au Mali, elle acquiert la maîtrise de sa voix avec Amadou Bâ Guindo, grand maître de musique et apprend le répertoire traditionnel de la région du Wassoulou. Après le Mali, Oumou Sangaré s’envole pour Abidjan, afin de lancer sa carrière, une expérience qui s’avérera difficile au début pour la jeune chanteuse: «Partir, quitter mon environnement a été très dur. Il a fallu beaucoup de ténacité à  mon producteur pour que J’accepte de le suivre là  bas». En 1990, le premier album «Moussolou » sort et fait un véritable carton. Plus de 200000 exemplaires vendus. Dédié aux femmes, Oumou y chante avec grâce, le poids des traditions, en se nourrissant de sa propre expérience et qui plus tard justifiera son engagement contre les mariages arrangés et la polygamie. Ce premier opus fera d’elle une star et à  Ali Farka Touré, conquis à  l’époque, la fera signer sur le label anglais World Circuit : une aubaine pour la chanteuse qui verra s’ouvrir les portes du succès international. Oumou, ambassadrice du Wassoulounke et du Mali Populaire, Oumou Sangaré se produira sur les plus grandes scènes du monde et deviendra une ambassadrice de la musique du Wassoulou, elle chantera à  l’Opéra de Sydney et de Bruxelles, à  Central Park à  New York, dans des festivals populaires comme celui d’Essaouira au Maroc, au Queen Elizabeth Hall de Londres et même au pays du soleil Levant ! Oumou Sangaré séduit le public occidental parce qu’elle chante dans la langue de son terroir : le Wassoulou’nke. Ses thèmes de prédilection restent les femmes, la polygamie et les mauvaises traditions : « La tradition a du poids car elle sous tend le bon fonctionnement de nos sociétés africaines, mais il ne faut pas hésiter à  dénoncer ses mauvais côtés et ce que J’ai toujours fait », insiste la chanteuse qui fait vibrer les salles « Nous transmettons un message au public et nous devons le faire avec le plus de sincérité possible ! » La diva sait aussi s’amuser sur scène, comme lors du Festival du Désert d’Essakane aux côtés de son vieil ami Ali Farka Touré, disparu aujourd’hui. Après Moussolou, Oumou Sangaré signe l’album KoSira en 1993, puis Worotan en 1996 ; sur lequel figurent des artistes internationaux comme Pee Wee Ellis, l’ex saxophoniste de James Brown. Laban son quatrième album parait en 2001 et se vend également à  plus de 100000 copies rien qu’au Mali. l’artiste enchaine les enregistrements et livre ses prestations avec énergie. Vient alors le temps du recul; Dans «Oumou», paru en 2004, l’artiste regroupe ses plus gros succès et des inédits qui rendront fou ses fans ! La diva accusée de plagiat Toute grande star ne saurait être épargnée par le scandale, et la diva du wassoulou a été accusée de plagiat à  plusieurs reprises ! Certaines sources affirment qu’Oumou Sangaré aurait eu des démêlés avec Samba Oussou, un artiste du pays, sur l’album Korotan, et que ce dernier aurait entièrement produit Après ce fâcheux épisode, l’artiste Oumou Sinayogo, originaire du Wassoulou , accuse aussi sa compatriote. l’album de cette dernière intitulée «tchèla sigui djôro » est sorti quelques mois avant celui de la diva. La chanson dont le titre fut donné à  l’album d’Oumou Sinayogo, a été intégralement repris par la diva du Wassoulou dans l’album «Bi furu ».Même sonorité, même texte. A ces accusations, Oumou Sangaré répond qu’une chanson du terroir peut être reprise par tout artiste. Une légende vivante de la musique malienne Avec de nombreuses distinctions, le Prix de la musique de l’Unesco en 2001, Ambassadrice de la FAO en 2003, Commandeur des Arts et Lettres de la République Française, Oumou Sangaré s’est aussi lancée dans les affaires: Elle a ouvert un hôtel à  Bamako, commercialisé une marque de 4X4 baptisée affectueusement Oumsang et mis un pied dans l’agriculture. Consciente que sa notoriété lui confère des opportunités, la diva vient de sortir l’album Kounadya, ( La chance ) en décembre 2008 et reste toujours aussi influente au Mali, cette terre qui la berce, et dont elle répand les effluves du Wassoulounkè, partout où la mène sa musique.

Source: Journal du Mali

 


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