• Mali : Ballaké Sissoko, virtuose de la kora, privé de son instrument par les douanes américaines

    Auteur : admin | juin 11, 2020 | 53 views

Maître de la kora, le Malien Ballaké Sissoko accuse les douanes américaines d’avoir détruit son instrument lors des fouilles de sécurité à l’aéroport. Au-delà du coût matériel, la productrice de l’artiste s’interroge : « Les douanes américaines oseraient-elles démanteler un Stradivarius ? »

« Ce qu’ils ont fait à mon instrument, c’est du sabotage ». Ballaké Sissoko ne décolère pas. Ce maître malien de la kora, qui s’est fait l’ambassadeur de la musique de son pays sur toutes les scènes du monde, en solo ou aux côtés d’artistes internationaux de renom, a eu une très mauvaise surprise, mardi 4 février.

De retour d’une tournée aux États-Unis, lors de laquelle il a notamment joué à Miami, Chicago, Berkeley ou New York, le musicien a eu une très désagréable surprise en ouvrant la caisse dans laquelle il fait voyager son instrument. Sa kora, un instrument traditionnel à cordes, muni d’un manche en palissandre et une grosse calebasse recouverte de peau de vache, avait été méticuleusement démontée.

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Un instrument détruit, et un mot d’excuses

« Quand je suis arrivé à Paris, autour de 5h du matin le 4 février, j’étais tellement fatigué que je n’ai même pas défait mes bagages. J’avais juste besoin de me reposer. C’est à mon réveil, le soir, quand j’ai voulu prendre ma kora pour en jouer, que j’ai découvert les dégâts », raconte-t-il à Jeune Afrique. « Je n’avais pas de mots. Je suis resté là, sans rien dire. J’ai juste alerté mon équipe », continue-t-il, amer.

L’instrument est inutilisable. Et en guise d’explication, et l’Agence américaine de sécurité des transports, la TSA, avait glissé un petit mot présentant de laconiques excuses « pour les inconvénients que la vérification des bagages aurait pu causer ».

Habitué de parcourir le monde, Ballaké Sissoko avait pourtant pris toutes les précautions pour protéger son précieux instrument. Il avait même fait fabriquer une caisse de protection sur mesure, à Londres, pour 1 300 euros. « Je laisse même la clé sur la caisse, pour faciliter les contrôles aux douanes, insiste le musicien. De cette façon ils peuvent l’ouvrir et vérifier l’intérieur sans problème ».

Outre le coût de l’instrument – une kora de la gamme de celle qui a été détruite par les douanes américaines coûte entre 2 000 et 4 000 euros – Ballaké Sissoko craint aujourd’hui d’annuler des spectacles. « J’ai déjà dû annuler des séances d’enregistrement de mon prochain album, sur lequel je devais travailler cette semaine », confie l’artiste, qui devra attendre jusqu’à la fin du mois de février pour se voir livrer une nouvelle kora.

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