• Kaloga Salim : Les pinceaux qui font vivre

    Auteur : Boubacar Camara | avril 19, 2021 | 58 views

« Aux pinceaux bien nés, la valeur n’attend point le nombre des années ». Il pourrait bien faire sienne cette citation « tropicalisée ». À 24 ans, Kaloga Salim se fait déjà un nom dans l’univers encore marginal de la peinture au Mali. Une réalité qu’il entend bousculer.

La peinture est pour lui une passion. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, il a toujours dessiné, depuis son plus jeune âge. Son premier tableau officiel, affirme t-il, il lui a donné souffle alors qu’il n’avait que 11 ans. À l’époque encore élève, son œuvre, une commande d’une promotrice de jardin d’enfants, fut très appréciée par cette dernière. Un premier coup qui le confortera dans sa conviction et celle de ses proches : il a un talent inné, qu’il faut néanmoins polir. Pour cela, il s’inspire du street art et des dessins qu’il s’évertue à reproduire à chaque instant pour améliorer son style. « Je veux donner une âme à mes tableaux. J’aime toucher les visages, car cela me donne l’envie d’exister », explique–il. L’auto-formation sera son moteur jusqu’à son entrée il y a deux ans au conservatoire Balla Fasseke Kouyate, où il étudie les arts plastiques.

Changer de paradigme

Issu d’une famille de Garanke, le jeune homme est conscient de l’héritage familial. Cet héritage qui fait généralement d’eux dans l’imaginaire collectif des artisans. Lui préfère le mot « artiste ». Cet art, « son art », nécessite un travail de tous les instants qu’il résume par cette formule aux relents poétiques : « peindre les maux et les embellir avec de l’amour ». Au-delà de sa passion, Kaloga entend hisser haut « le réalisme » malien, afin que les portraitistes soient considérés et reconnus eux aussi comme de vrais artistes. Il en a fait son combat depuis deux ans. Un long chemin, certainement semé d’embûches, mais qui ne l’effraie guère. Dans son histoire personnelle, il se nourrit de ses échecs et s’en sert comme de tremplins. Deux fois il a échoué au Bac, avant de prendre une décision bénéfique pour lui en changeant de série, passant de la terminale Sciences économiques à celle d’Arts et lettres. Celui qui se fait surnommer « OL le Sorcier » décrochera son diplôme avec mention, ce qui le permettra d’être accepté au conservatoire. Il y prendra le goût de la formation par ses pairs et décidera de consacrer lui-même du temps à la formation des jeunes. Une armada de portraitistes talentueux dont il veut être fier demain.

Source: Journal du Mali


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