• Ami Yerewolo: « la rebelle du rap Made in Mali »

    Auteur : Boubacar Camara | janvier 18, 2021 | 76 views

Elle a toujours eu un rêve, celui de devenir une rappeuse professionnelle dans son pays, le Mali, mais beaucoup de filles, avant elles, se sont brulées les ailes et ont vite abandonné.

Ami Yerewolo, elle était déterminée. Elle voulait voler plus haut et inscrire son nom dans l’histoire du rap malien.

Il y avait toutefois des freins, des préjugés et des contraintes sociales, mais la détermination de Ami Yeromwolo était plus forte que tout.

Invitée de l’émission musicale « C’est le moment », présentée par Ata Ahli AHEBLA, la rappeuse explique que son titre « Dowere Filai » relate son parcours d’une dizaine d’années, parsemé d’embuches mais aussi des réalisations dont elle peut être fière aujourd’hui.

Les difficultés ont d’abord commencé dans le cercle familial.

 »Boycottée,mais plus forte »

Ami Yeromwolo

Ami Yerewolo révèle qu’elle a dû quitter le cercle familial car « refuser de se marier, c’est déshonorer les siens. »

Au-delà de cette contrainte que lui imposait sa famille, elle voulait juste être indépendante, libre de pouvoir vivre de ce qu’elle a toujours rêvé de faire : le rap.

« Soit je reste dans la famille et mon rêve ne sera jamais réalité, soit je m’en vais et j’aurais peut-être une chance. Au début, la famille ne comprenais pas, mon père ne comprenait pas et un jour à trois heures du matin, j’ai décidé de partir et depuis ce jour je ne vis que de la musique ».

« J’ai dû faire face à des discriminations, des insultes, des moqueries », se rappelle-t-elle. Elle affirme même être boycottée dans le milieu hip-hop malien. Dans sa biographie officielle, Ami s’en prend aux « hommes pourris de l’industrie musicale malienne » qui, selon elle, la programmait très rarement pour des shows.

Un exemple pour la nouvelle génération de rappeuse

Cette titulaire d’une Licence en Finance et Comptabilité sait combiner les affaires et la musique, son premier amour. C’est ainsi qu’elle créé sa structure « Denfari Event » ainsi que le festival « le Mali a des rappeuses ». L’objectif est de pouvoir diffuser sa musique et d’organiser librement ses concerts, mais aussi donner une plateforme aux jeunes filles qui n’en ont pas. Ami Yerewolo explique qu’aux yeux de l’opinion, c’est impossible qu’une femme puisse rapper, aller loin dans le Hip Hop et elle est là pour montrer que c’est possible.

Son art et son combat ont séduit l’artiste et producteur camerounais Blick Bassy qui la signe sur son label nouvellement créé « Othantiq AA », une structure à travers laquelle il souhaite faire profiter de son expérience, son expertise et de son réseau à des talents comme Ami Yeromwolo.

Blick Bassy, également invité de « C’est le moment », présente Ami comme « la rappeuse africaine la plus terrible et l’une des découvertes artistiques les plus fortes de ces dernières années ».

Il est convaincu que le parcours de sa protégée pourrait aider à « former des jeunes femmes au rap et les pousser à se prendre en main et aussi leur permettre de s’organiser comme des jeunes entrepreneuses ».

 »Etre Othantiq »

Le musicien et producteur camerounais Blick Bassy

Blick Bassy confie que l’objectif en signant Ami Yeromwolo est de développer sa carrière avec un projet sur le long terme. Il a par ailleurs annoncé dans « C’est le moment » un album dont la sortie est prévue en février 2021.

La démarche d’Ami est authentique et originale, un savant mélange de la richesse musicale de son Mali et d’autres sonorités dont elle s’inspire. Elle explique qu’elle a toujours aimé la musique mandingue et rapper en bambara a toujours été un plaisir.

Elle confie qu’elle n’a jamais eu d’idoles et qu’elle n’a jamais été inspirée par d’autres artistes pour rapper. « J’ai toujours su que j’avais un don et je suis convaincue que dans 10 ou 20 ans les gens reconnaitront le style particulier d’Ami Yerowolo », conclut-elle.

Source: BBC


Commentaire