Transformée en gardienne des traditions et de l’information, la rappeuse malienne fait fi des médisances et des propos déformés. « Je gère » est le premier extrait de son album à venir en début d’année prochaine.

Manabou, personnage principal et gardienne des traditions, sillonne la contrée et veille à ce que les messages et les informations, d’où qu’ils viennent, soient diffusés dans leur exactitude, sans déformation aucune. Ami Yerewolo dénonce grâce à son flot percutant, à la fois les médisances, les propos déformés et les fake news. Ce premier extrait de son album signé sur le label Othantiq AA, créé par l’artiste camerounais Blick Bassy a de quoi faire trembler le patriarcat. Rappeuse et activiste féministe malienne, son style aux sonorités hip-hop et trap dansante prouve une fois de plus que l’avenir du hip-hop africain s’écrit au féminin.

Sur ce nouveau clip, Ami gère une fois de plus les ragots qui brisent les relations amicales, familiales ou amoureuses. « La mauvaise interprétation, les commérages, la déformation de propos sortis de leur contexte peuvent parfois être à l’origine de conflits irréversibles », ajoute-t-elle. Ce qui n’est pas une mince affaire pour une femme issue d’une famille conservatrice et non d’une lignée de griots. Pour réaliser sa carrière et devenir l’une des premières rappeuses maliennes, elle a dû créer son propre label, pour s’épargner les « hommes pourris de l’industrie musicale malienne » qui ne la programmaient que trop rarement dans les balani show. Indépendante et ambitieuse, la frondeuse combat le sexisme sur le terrain et n’a pas attendu qu’on la prenne au sérieux pour dire ce qu’elle pense.

Source: PAM


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