La poétesse de 27 ans a remporté le 7 novembre dernier au Sénégal, grâce à « De la poésie à la prophétie », le prestigieux Prix portant le nom du poète sénégalais David Diop, disparu en 1960.

À ses casquettes de plus jeune écrivaine malienne (pour avoir publié son premier livre à 17 ans) et fondatrice des Éditions Gafé (2019), Aicha Diarra ajoute celle de première malienne ayant remporté le Prix David Diop. Native de Bamako, elle fut chargée de communication de la Fédération des artistes du Mali (FEDAMA) et championne du monde de football des moins de 14 ans (Norway Cup 2008).

Amoureuse de la poésie dès neuf ans, l’actuelle responsable de la Médiathèque de l’Institut français du Mali, dont le poème préféré est « Demain, dès l’aube » de Victor Hugo, confie que les éléments déclencheurs qui l’ont motivée à publier sont les inégalités, l’injustice et la corruption. « En 2008, mon équipe a été championne du monde en Norvège. À notre retour, tout un stratagème a été organisé pour nous faire disparaître par les autorités de l’époque. Même les vidéos des matchs, censées être diffusées sur la chaîne nationale, ont disparu. Tout cela pour mieux se partager les retombées ».

C’est suite à cela qu’elle décide d’écrire en 2012 son premier recueil de poèmes, « Les larmes de la tombe », sur la corruption et ses angoisses personnelles. Suivront, entre autres, « la Laïcité expliquée aux jeunes » (2012) et « De la poésie à la prophétie » (2015), désormais Prix de la poésie David Diop. Elle ressent « une sensation de fierté immense de remporter ce prix qui porte le nom d’un grand écrivain africain, David Diop, dont les écrits constituent des remparts pour la littérature africaine et qui ont inspiré suffisamment les écrivains », se réjouit Aicha Diarra, émue que ce prix lui soit décerné au Sénégal, dont la dimension littéraire est vantée.

« De la poésie à la prophétie » tente d’inventer la dimension philosophique de la poésie en l’obligeant à sortir de la simple définition de la beauté qui lui est attribuée pour s’aventurer dans la prose et donner un sens réel, exact et surtout humoristique de la société. « J’y utilise un langage poétique en faisant vivre un personnage assez étrange, qui relate, fait et refait le monde », dit la lauréate. Elle envisage de davantage produire des textes d’expression poétique et de mettre en place des projets concrets dans ce sens, tournés vers la jeunesse « afin de consolider ses projets de publication d’ouvrages de poésie principalement ».

Source: Journal du Mali


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